Bonjour à tous,
Je suis en train de préparer une reconversion professionnelle pour devenir CGP / CGPI.
J’ai 32 ans, je suis en quelque sorte en barista FIRE, j’ai déjà une bonne culture de l’investissement personnel (1M+), et j’ai aussi travaillé en banque privée. Mon objectif serait de construire une activité qui touche à la fois :
- l’ingénierie patrimoniale ;
- le conseil en investissement ;
- l’assurance / prévoyance ;
- la retraite ;
- la structuration globale du patrimoine.
Là où je bloque, c’est sur le modèle économique.
D’après les statistiques AMF, environ 93 % des CGP seraient non-indépendants au sens de MiFID II, donc rémunérés au moins en partie par commissions/rétrocessions. Seulement une petite minorité fonctionne en 100 % honoraires.
Or, je n’ai pas envie de construire mon activité autour de la vente de SCPI, d’assurances-vie chargées en frais, de produits structurés ou de solutions poussées surtout parce qu’elles rémunèrent bien le conseiller.
En même temps, je veux construire un modèle économiquement viable.
Ma question s’adresse surtout à des profils comme ceux du forum : plutôt autodidactes, parfois méfiants envers les conseillers bancaires, avec une bonne sensibilité aux frais et à l’alignement d’intérêts.
Quel modèle vous semblerait le plus acceptable ?
Option 1 : indépendant complet au sens MiFID II
Donc 0 commission, 0 rétrocommission, uniquement des honoraires client.
Par exemple avec une grille annuelle/mensualisée basée sur le patrimoine accompagné, un peu comme un barème progressif :
| Tranche |
Seuil inférieur |
Seuil supérieur |
Taux marginal annualisé |
Forfait annuel |
| 1 |
- |
100 000 € |
- |
1 164 € |
| 2 |
100 000 € |
250 000 € |
0,724 % |
- |
| 3 |
250 000 € |
500 000 € |
0,700 % |
- |
| 4 |
500 000 € |
1 000 000 € |
0,600 % |
- |
| 5 |
1 000 000 € |
10 000 000 € |
0,400 % |
- |
| 6 |
10 000 000 € |
aucun plafond |
0,300 % |
- |
Avec éventuellement une décote de 15 % si le client paie l’année d’avance au lieu d’un paiement mensuel.
Avantage : alignement clair, pas de conflit lié aux rétrocessions.
Inconvénient : psychologiquement, le client voit directement le coût du conseil.
Option 2 : facturation à la mission
Par exemple :
- bilan patrimonial ;
- audit fiscal / retraite / prévoyance ;
- optimisation des enveloppes ;
- accompagnement investissement ;
- transmission ;
- préparation expatriation / retour en France ;
- etc.
Avantage : très transparent.
Inconvénient : le conseil peut vite paraître cher, surtout pour des patrimoines intermédiaires, et il y a moins de suivi dans le temps.
Option 3 : modèle mixte
Le client choisit :
- soit une facturation en honoraires purs ;
- soit une rémunération via les frais des solutions proposées, quand c’est pertinent et explicitement accepté.
Dans ce cas, le conseiller n’est plus indépendant au sens MiFID II par défaut, mais le client peut préférer ne pas sortir directement les honoraires.
Avantage : modèle plus accessible commercialement.
Inconvénient : conflit d’intérêts potentiel, même s’il est expliqué.
Ma question
Pour vous, quel modèle serait le plus cohérent et acceptable ?
Est-ce que vous avez déjà envisagé de vous faire accompagner par un CGP / CGPI ?
Si oui, qu’est-ce qui vous aurait donné confiance :
- honoraires purs ?
- abonnement annuel ?
- facturation à la mission ?
- modèle mixte mais très transparent ?
- accès à des outils simples type ETF, AV peu chargée, PER, prévoyance, immobilier, transmission ?
- autre chose ?
L’idée pour moi serait de créer un cabinet qui ne vende pas du produit pour vendre du produit, mais qui aide vraiment à structurer un patrimoine : protection, fiscalité, retraite, allocation, transmission, arbitrages de vie.
Curieux d’avoir vos retours, surtout venant d’un forum où beaucoup savent déjà investir seuls.