Bonjour,
TLPL : Vouloir, pour soi, une tradwife sans l’imposer à toutes les femmes, est-ce sexiste ?
Lors du dîner d’hier soir, une conversation sur le sexisme m’a amené à raconter un événement survenu durant mes études, et les réactions ont été plutôt virulentes.
En 2003, avec des potes de promo (nous avions environ 23 ans, en école d’ingénieur), l’un d’eux a déclaré : « Moi, je veux une femme qui s’occupe de tout à la maison pendant que moi je travaille pour ramener l’argent. »
J’avais trouvé ça sexiste sur le coup, mais ma copine de l’époque n’était pas d’accord : « Il n’a pas dit que toutes les femmes devaient rester à la maison, juste que c’était ce qu’il souhaitait pour lui et son épouse. »
Perplexe, j’avais fini par me dire que si tout le monde y trouvait son compte, pourquoi pas.
Et donc, hier soir, je (H46) raconte cette histoire. Réaction indignée de mon épouse (F42) et de ses deux sœurs (F44, F39) : « Évidemment que c’est sexiste ! » ; « C’est un piège pervers, et même toi, qui es plutôt déconstruit, tu tombes dedans… » ; etc.
Leurs arguments portaient sur plusieurs points :
* La société est patriarcale, et les femmes sont poussées à être soumises/moins considérées. Sur ce point, je suis d’accord.
* Pour la pauvre épouse qui accepterait cela, elle devient complètement dépendante : si son mari meurt, elle n’a strictement plus rien. À approfondir.
* Les seules femmes qui accepteraient ça seraient des femmes dans la misère, qui n’auraient que cette issue pour s’échapper.
J’ai argumenté dans l’autre sens.
Le pote en question n’avait, à ma connaissance, aucun problème avec les femmes : il s’entendait bien avec elles et ne les considérait pas comme moins douées. Simplement, pour *son* choix de vie, il préférait une *tradwife*.
Du point de vue de la potentielle épouse, si c’était *son* choix de vie, je ne vois pas au nom de quoi je lui imposerais d’aller travailler pour être indépendante.
La discussion a ensuite dérivé sur le travail invisible et non rémunéré (à savoir gérer le foyer), sur lequel s’appuient notre société, le patriarcat, le capitalisme, etc.
Il me semble qu’il existe des dispositions pour protéger les conjoint·e·s de certaines professions libérales. Par exemple, M. est déclaré comme épicier et la boutique est à son nom, tandis que Mme, sans profession officielle, s’occupe du secrétariat et de la comptabilité. Elle bénéficierait donc d’une protection si malheur arrivait à M.. Apparemment, ces mesures sont très insuffisantes (je n’ai pas approfondi), et il faudrait que la société évolue sur ce point.
F39 : « Tu parles de choix, mais elle ne peut pas faire un choix éclairé si elle n’a pas toutes les infos. »
→ On n’a jamais toutes les infos… Que faire, alors ? Selon elle, cette liberté de choix ne serait qu'illusion.
La conversation a alors tourné autour de la domination : qui impose quoi à qui ? Et le problème serait que « tradwife » soit un critère de sélection d'épouse dans ce cas, ce qui rendrait les choses sexistes. Tandis que s’ils tombent amoureux pour d’autres raisons et que, de fil en aiguille, « elle » se retrouve aux fourneaux et « lui » au travail, et que cela convient à tout le monde, ce serait acceptable.
Autrement dit : est-ce sexiste (au sens "imposé par le patriarcat") qu’une femme fasse le choix de vie « d’être une bonne épouse parce qu’elle préfère rester à la maison plutôt que d’entrer dans le monde professionnel » ?
Mon beau-frère (M47) a alors posé la question : « Mais si elle décide de ne plus travailler, et que ça ne lui convient pas à lui, qu’il préférerait qu’elle ait une activité professionnelle ? »
Réaction moins virulente des femmes à table… Deux poids, deux mesures, selon moi, car on en était presque à : « De quel droit lui imposerait-il de travailler ? »
Bref, histoire de relancer ce débat passionné en famille, vos arguments m’intéressent.
Et afin de poser une problématique claire :
Est-ce acceptable de penser qu’une femme peut librement choisir de vivre en femme au foyer ?
(On pourrait poser la même question pour un homme, il se trouve simplement que le débat portait sur le sexisme.)