r/OSINTUkraine • u/Ok_Crazy1195 • 10h ago
r/OSINTUkraine • u/AirNo170 • 1h ago
Drapatyi takes over: Who Ukraine’s new Commander-in-Chief is and how soldiers feel about him
r/OSINTUkraine • u/overworkedreporter • 4h ago
Ukrainian F-16 shot down Russian aircraft in aerial fight for first time, US Captain says
r/OSINTUkraine • u/overworkedreporter • 8h ago
Zelenskyy dismisses Syrskyi from his post as Commander-in-Chief of Ukrainian Armed Forces
r/OSINTUkraine • u/Superb_Highlight6567 • 3h ago
Analyse de construction scientifique
Ukraine : et si le « grand complot » n’avait pas de salle de réunion ?
Depuis quinze ans, la guerre russo-ukrainienne a engendré plusieurs récits concurrents : complot impérial russe, manipulation occidentale, Ukraine instrumentalisée, complexe militaro-industriel avide de guerre. Chacun contient des faits. Aucun, pris seul, ne semble expliquer l’ensemble. Une autre hypothèse est peut-être plus inquiétante : les acteurs n’ont pas besoin de conspirer pour produire ensemble une dynamique qui ressemble, vue de loin, à un complot.
Article d’analyse — juillet 2026
Il y a quelque chose de profondément troublant dans les photographies des sommets européens de ces dernières années.
Des chefs d’État parlent de paix devant des rangées de drapeaux, tandis que leurs gouvernements commandent des missiles, construisent des usines de munitions et annoncent des budgets militaires que l’on n’avait plus vus depuis la guerre froide.
En 2025, les dépenses militaires mondiales ont atteint 2 887 milliards de dollars, selon le SIPRI. Elles augmentent désormais depuis onze années consécutives. En Europe, la hausse a été de 14 % en une seule année. Les importations européennes d’armes majeures ont plus que triplé entre 2016–2020 et 2021–2025. (SIPRI)
Comment en sommes-nous arrivés là ?
La réponse la plus confortable consiste à choisir son complot.
À Moscou, le récit dominant raconte une Ukraine progressivement capturée par Washington et l’OTAN afin d’affaiblir la Russie.
À Kyiv et dans une grande partie de l’Occident, un autre récit décrit un projet impérial mûri au Kremlin : Vladimir Poutine n’aurait jamais réellement accepté l’indépendance ukrainienne et aurait attendu le moment favorable pour reconstituer une sphère russe.
Une troisième théorie voit l’Ukraine elle-même instrumentaliser la peur occidentale de la Russie afin d’obtenir armes et soutien.
Une quatrième, plus globale, désigne le complexe militaro-industriel : à qui profite la guerre ? Aux fabricants d’armes.
Toutes ces histoires possèdent un étrange avantage.
Elles expliquent presque tout.
Et c’est précisément ce qui devrait nous inquiéter.
Le temps où Poutine regardait encore vers l’Ouest
Notre mémoire collective a tendance à réécrire le passé à partir du présent.
La Russie de Vladimir Poutine n’a pourtant pas toujours été l’ennemi existentiel qu’elle représente aujourd’hui dans les doctrines occidentales.
Pendant les années 2000 et encore au début de la décennie suivante, coopération et confrontation coexistaient bizarrement.
Il existait un Conseil OTAN-Russie. Après la guerre russo-géorgienne de 2008, les réunions furent suspendues, puis reprirent dès 2009. L’OTAN elle-même rappelle qu’elle a cherché pendant des décennies à construire un partenariat avec Moscou. (OTAN)
Mais sous cette coopération apparente grandissait un désaccord beaucoup plus profond.
Pour les Occidentaux, l’élargissement de l’Union européenne et de l’OTAN signifiait essentiellement : des États souverains choisissent librement leur système politique et leurs alliances.
Pour Moscou, le même mouvement pouvait être lu ainsi : une alliance militaire historiquement adverse avance progressivement vers les frontières russes tandis que l’influence stratégique de la Russie recule.
Les deux phrases peuvent être vraies simultanément.
C’est précisément le problème.
En 2008, au sommet de Bucarest, l’OTAN commet peut-être l’une des ambiguïtés stratégiques les plus lourdes de conséquences de l’après-guerre froide : elle déclare officiellement que l’Ukraine et la Géorgie deviendront membres de l’Alliance, sans leur offrir immédiatement les garanties de sécurité qu’aurait apportées cette adhésion.
L’Ukraine se retrouve en quelque sorte dans le pire des deux mondes : suffisamment proche de l’OTAN pour inquiéter Moscou, pas assez pour être protégée par l’article 5.
La relation Russie-Occident se dégradait donc bien avant 2014. Une analyse publiée dès juillet 2014 dans NATO Review constatait déjà que les deux camps avaient développé des conceptions presque incompatibles de la sécurité européenne : là où l’Occident voyait intégration et libre choix, Moscou voyait blocs, encerclement et marginalisation. (OTAN)
Cela ne justifie aucune invasion.
Mais cela interdit une première simplification :
l’histoire n’a pas commencé le 24 février 2022.
2014 : l’année où chacun trouve la preuve qu’il avait raison
Puis vient Maïdan.
Et avec lui naissent deux films différents projetés simultanément sur le même écran.
Dans le film occidental, une population ukrainienne se révolte contre un pouvoir corrompu ayant renoncé à un rapprochement avec l’Europe. Le président Viktor Ianoukovitch fuit. La Russie profite du chaos, prend la Crimée et soutient la rébellion armée dans le Donbass.
Dans le film russe, l’Occident soutient un changement de régime à Kyiv, installe un pouvoir hostile aux intérêts russes et menace l’équilibre stratégique régional. Moscou réagit.
Chaque récit sélectionne des faits réels.
Oui, Maïdan fut un mouvement ukrainien massif et authentique.
Oui, les puissances occidentales avaient leurs préférences politiques, leurs réseaux d’influence et soutenaient depuis longtemps le rapprochement de l’Ukraine avec leurs institutions.
Mais influence n’est pas contrôle.
Pour démontrer que Washington aurait « organisé » Maïdan, il faudrait établir une chaîne beaucoup plus exigeante : décision préalable, commandement, moyens opérationnels, contrôle des acteurs ukrainiens et résultat correspondant au plan.
Cette chaîne complète n’est pas établie.
Inversement, présenter l’Ukraine de 2014 comme un pays parfaitement homogène aspirant unanimement à rejoindre l’Occident serait faux. Les fractures régionales, linguistiques, historiques et politiques étaient profondes.
Même la Crimée constituait un monde particulier. Des enquêtes antérieures à 2014 montraient une population nettement plus proche culturellement de la Russie que le reste de l’Ukraine, mais avec des opinions beaucoup plus complexes que ne le laissera croire ensuite le récit d’une péninsule attendant unanimement sa « libération ». (International Republican Institute)
Puis Moscou intervient.
Et quelque chose de capital se produit.
L’action russe destinée, entre autres objectifs, à empêcher la perte stratégique de l’Ukraine contribue à accélérer précisément son éloignement de la Russie.
En avril 2014, une enquête nationale ukrainienne trouvait déjà 85 % d’opposition à l’envoi de forces russes sous prétexte de protéger les russophones — avec des majorités opposées à cette intervention jusque dans l’Est et le Sud. (International Republican Institute)
L’Ukraine abandonnera ensuite sa politique de non-alignement, puis inscrira progressivement son orientation euro-atlantique dans ses objectifs stratégiques. L’OTAN rappelle elle-même que l’Ukraine était officiellement non alignée entre 2010 et 2014, avant d’abandonner cette position en réaction aux événements de 2014. (OTAN)
Voilà un mécanisme essentiel.
La Russie voit l’Ukraine s’éloigner et intervient.
L’intervention convainc davantage d’Ukrainiens que la Russie représente une menace.
L’Ukraine se rapproche davantage de l’Occident.
Moscou y voit la confirmation que l’Occident était effectivement en train de lui prendre l’Ukraine.
Chacun produit chez l’autre le comportement qui confirme sa propre peur.
Il n’y a besoin d’aucun complot.
Minsk : un accord que tout le monde voulait — à condition qu’il signifie autre chose
Les accords de Minsk de 2014 et 2015 auraient dû arrêter cette mécanique.
Ils furent réellement négociés.
Ils furent réellement signés.
Ils prévoyaient cessez-le-feu, retrait des armes lourdes, processus politique, statut particulier de certaines régions, élections, rétablissement du contrôle ukrainien de sa frontière.
Mais sous les mêmes mots se cachaient deux futurs incompatibles.
Kyiv voulait essentiellement :
sécurité d’abord, politique ensuite.
Moscou défendait une séquence accordant beaucoup plus tôt une place au règlement politique des territoires séparatistes.
Ce détail procédural cachait une question gigantesque : qui contrôlerait réellement l’Ukraine réintégrée ?
Angela Merkel ajoutera après 2022 une phrase devenue célèbre : Minsk avait aussi permis à l’Ukraine de « gagner du temps » et de devenir plus forte.
Moscou y verra l’aveu que tout était une tromperie occidentale.
Mais là encore, attention au raccourci.
Constater rétrospectivement qu’un accord a donné du temps à l’Ukraine n’est pas équivalent à démontrer qu’il avait été conçu dès l’origine comme une fraude destinée à préparer une guerre future.
Pendant des années, France, Allemagne, Ukraine et Russie continuèrent officiellement à négocier autour de Minsk. L’OTAN elle-même le présentait encore fin 2014 comme une voie vers une solution politique durable. (OTAN)
La réalité est probablement moins cinématographique :
Minsk était peut-être à la fois une véritable tentative d’arrêter la guerre et un accord que chaque camp espérait voir évoluer à son avantage.
Ces deux propositions ne sont pas contradictoires.
Février 2022 : ici, l’ambiguïté factuelle diminue brutalement
On peut débattre pendant des années des responsabilités historiques.
Mais il faut conserver une distinction fondamentale entre causes d’une guerre et décision de déclencher une invasion.
Le 24 février 2022, cette dernière décision appartient à la Russie.
Reconnaître cela ne signifie pas accepter l’idée que l’Occident serait innocent de toute erreur stratégique antérieure.
De même, reconnaître que l’élargissement de l’OTAN a réellement nourri la perception russe d’encerclement ne transforme pas une invasion en phénomène météorologique inévitable.
C’est ici que les théories du complot ont souvent une fonction très pratique :
elles abolissent le choix.
Dans un récit, Poutine n’aurait eu aucun choix : l’OTAN l’aurait forcé.
Dans l’autre, Poutine serait depuis toujours programmé pour envahir : toute diplomatie aurait donc été inutile.
Les deux récits transforment les acteurs en automates.
Or l’histoire est faite précisément de moments où plusieurs choix restent possibles.
Istanbul : la paix qui n’était ni imaginaire ni prête à signer
Le printemps 2022 offre un exemple remarquable.
Russie et Ukraine ont réellement négocié.
À Istanbul, Kyiv envisage une neutralité permanente en échange de garanties internationales fortes. Des questions territoriales pourraient être différées. Moscou et Kyiv travaillent sur des projets de texte.
Il existait donc une fenêtre diplomatique réelle.
Mais contrairement à une légende devenue populaire, aucun traité de paix entièrement achevé n’attendait simplement la signature de Volodymyr Zelensky avant que Boris Johnson ne débarque à Kyiv pour lui ordonner de continuer la guerre.
Des problèmes essentiels restaient ouverts : territoire, capacités militaires ukrainiennes, nature des garanties internationales et surtout engagement réel des puissances censées garantir l’accord.
Boris Johnson et d’autres dirigeants occidentaux ont incontestablement encouragé la résistance ukrainienne et promis davantage d’armes.
Cela a changé le calcul ukrainien.
Mais Bucha l’a changé aussi.
Et surtout, l’échec russe devant Kyiv avait transformé une Ukraine qui négociait initialement sous la menace d’un possible effondrement en un pays découvrant qu’il pouvait peut-être gagner militairement davantage qu’il ne l’imaginait.
C’est là qu’apparaît un mécanisme tragique :
Moscou peut le penser.
Kyiv peut le penser.
Washington, Londres ou Paris peuvent le penser.
Et tous peuvent le penser sincèrement.
Le problème est que le raisonnement peut se répéter après chaque bataille.
Le complot occidental : provoquer la Russie pour l’affaiblir ?
Il existe ici aussi un noyau de réalité.
L’Occident a étendu ses institutions vers l’Est.
Il a cherché à attirer l’Ukraine dans son espace économique et politique.
L’OTAN a promis en 2008 une future adhésion.
Après 2014, les pays occidentaux ont progressivement entraîné et équipé davantage l’armée ukrainienne. Aujourd’hui, l’OTAN indique que ses membres fournissent l’immense majorité de l’aide militaire étrangère à l’Ukraine. (OTAN)
Tout cela est réel.
Mais pour passer de ces faits à :
il manque une preuve essentielle :
le plan.
Il faudrait démontrer non seulement que les États-Unis ont profité stratégiquement de certains effets de la guerre, mais qu’ils avaient recherché cette guerre comme moyen d’obtenir ces effets.
Profiter d’un événement n’est pas l’avoir causé.
Cette distinction paraît triviale.
Elle détruit pourtant une quantité impressionnante de théories géopolitiques.
Le complot russe : la reconstruction patiente d’un empire ?
Le raisonnement inverse souffre du même problème lorsqu’il devient absolu.
Il existe incontestablement dans le discours de Vladimir Poutine une vision de l’histoire qui dépasse largement la simple question de l’OTAN.
Russie et Ukraine y apparaissent souvent comme appartenant à un même espace historique et civilisationnel. La pleine séparation politique de l’Ukraine semble parfois y être considérée moins comme un fait souverain ordinaire que comme une anomalie historique.
Cela donne du poids à l’hypothèse impériale.
Mais cela ne démontre pas qu’en 2010 existait dans un coffre du Kremlin un calendrier secret :
Crimée 2014 → invasion 2022 → conquête programmée.
Les politiques évoluent.
Les perceptions changent.
Les occasions modifient les ambitions.
La Russie de Poutine a simultanément cherché pendant certaines périodes une intégration économique avec l’Europe et voulu conserver une sphère d’influence privilégiée dans l’espace postsoviétique.
Ce qui nous paraît contradictoire ne l’était peut-être pas à Moscou :
Le problème est que les voisins concernés pouvaient ne pas partager cette conception.
Le « complot ukrainien » : entraîner l’Occident dans sa guerre ?
Il existe également une version miroir :
Kyiv aurait exploité la culpabilité et la peur occidentales pour transformer un conflit régional en confrontation globale avec Moscou.
Là encore, un morceau est vrai.
Depuis 2022, la diplomatie ukrainienne travaille constamment à convaincre ses alliés que la défense de l’Ukraine est la défense de l’Europe elle-même.
C’est une stratégie parfaitement rationnelle.
Mais qualifier cela de complot revient à oublier un détail :
l’Ukraine a effectivement été envahie.
Un pays agressé cherche des alliés.
Il dramatise naturellement les conséquences de sa propre défaite afin de mobiliser leur aide.
Cela ne signifie pas que toutes ses affirmations doivent être acceptées sans examen.
Mais cela ne transforme pas automatiquement sa diplomatie en manipulation secrète.
Puis apparaît le suspect idéal : le marchand de canons
C’est ici que la théorie du complot devient particulièrement séduisante.
Car les chiffres sont spectaculaires.
Les revenus liés aux armes des cent plus grandes entreprises mondiales du secteur ont atteint 679 milliards de dollars en 2024, record historique dans les données du SIPRI. (SIPRI)
Les importations européennes d’armes majeures ont augmenté de 210 % entre 2016–20 et 2021–25.
Les États-Unis représentent désormais 42 % des exportations mondiales d’armes majeures.
L’Ukraine est devenue le premier destinataire mondial sur cette période. (SIPRI)
Alors la conclusion paraît presque évidente :
voilà à qui profite le crime.
Mais notre raisonnement policier commettrait une erreur classique.
Un héritier qui reçoit une fortune après un meurtre possède un mobile potentiel.
Cela ne prouve pas qu’il est l’assassin.
Plus embarrassant encore pour la théorie d’un complexe militaro-industriel tout-puissant : au début de la guerre, les industriels n’ont même pas immédiatement transformé l’explosion de la demande en profits. Les revenus d’armement des cent plus grandes entreprises ont baissé de 3,5 % en 2022, notamment parce que les chaînes de production ne pouvaient pas s’adapter instantanément. (SIPRI)
La machine industrielle a mis du temps à répondre.
Puis elle a accéléré.
Et c’est ici que se trouve peut-être le véritable danger.
Le complot sans conspirateurs
Imaginons qu’il n’existe aucune pièce secrète.
Aucun conseil des « maîtres du monde ».
Seulement des bureaux parfaitement ordinaires.
Dans un bureau du Kremlin, un stratège pense :
À Kyiv :
À Varsovie :
À Washington :
Dans une entreprise d’armement :
Dans un ministère européen :
Dans une usine :
Dans la circonscription du député :
Aucun de ces acteurs n’a besoin de connaître les autres.
Aucun n’a besoin de mentir.
Aucun n’a même besoin de souhaiter la guerre.
Pourtant leurs petites rationalités s’emboîtent.
Peur → armement → capacité militaire → peur adverse → nouvel armement → investissements → emplois → institutions → doctrine → perception durable de menace.
Au bout de dix ans, quelqu’un regarde le résultat depuis l’extérieur et dit :
Peut-être pas.
Peut-être voyons-nous un complot émergent.
Un complot dont personne n’a écrit le plan.
Le puzzle qui dessine une flèche
C’est peut-être là que notre intuition habituelle du complot nous trompe.
Lorsque cent pièces d’un puzzle finissent par dessiner une flèche orientée dans la même direction, nous cherchons instinctivement la main qui les a disposées.
Mais les systèmes complexes produisent constamment des formes sans architecte.
Une foule crée un mouvement collectif.
Un marché produit une bulle.
Une banque ne souhaite pas provoquer une crise financière ; mille décisions rationnelles peuvent pourtant en produire une.
Une course aux armements peut fonctionner de la même manière.
Le phénomène porte même un nom classique en relations internationales : le dilemme de sécurité.
A s’arme parce qu’il a peur de B.
B voit A s’armer.
B s’arme donc.
A observe B :
Le génie tragique du mécanisme est que chaque camp possède désormais des preuves objectives de sa théorie.
Et si le complot était parfois une propriété émergente ?
Cela ne signifie évidemment pas que les vrais complots n’existent pas.
Les gouvernements mentent.
Les services secrets organisent des opérations clandestines.
Les entreprises font du lobbying.
Les propagandes coordonnent des récits.
Les États élaborent des plans sur plusieurs décennies.
Il serait naïf de remplacer le complotisme par son contraire :
La bonne question est différente :
Avons-nous besoin d’un complot pour expliquer ce que nous observons ?
C’est une sorte de rasoir d’Occam politique.
Avant d’imaginer vingt hommes réunis autour d’une table, essayons le modèle sans salle secrète.
Si les intérêts ordinaires des acteurs suffisent à produire le résultat, le complot devient une hypothèse supplémentaire qui exige des preuves supplémentaires.
Et parfois, ce modèle est même plus inquiétant.
Un complot peut être découvert.
Ses documents peuvent fuiter.
Ses dirigeants peuvent être arrêtés.
Mais comment arrêter une dynamique dont personne n’est le chef ?
La guerre comme organisme
Depuis 2022, quelque chose de ce genre semble s’être produit.
La guerre a créé ses propres institutions de survie.
L’Ukraine a développé une industrie militaire gigantesque : selon SIPRI, environ 500 producteurs d’armes y étaient actifs en 2024, employant près de 300 000 personnes, tandis que l’écosystème de technologies militaires et de drones explosait. (SIPRI)
La Russie a transformé une part considérable de son économie autour de l’effort militaire.
L’Europe réarme.
Les États-Unis vendent davantage d’armes à l’Europe.
Les doctrines militaires changent.
Les chaînes de production s’allongent.
Les générations futures de systèmes d’armes sont déjà en développement.
Pendant ce temps, chaque acteur peut dire sincèrement :
C’est peut-être la phrase la plus importante de toute cette guerre.
Parce qu’elle peut être vraie pour tout le monde en même temps.
Cela ne signifie pas que les responsabilités sont égales
Il faut ici éviter un piège moral majeur.
Une causalité systémique n’est pas une machine à distribuer automatiquement les responsabilités à 25 % chacun.
Comprendre pourquoi un homme frappe quelqu’un ne signifie pas que celui qui reçoit le coup est coresponsable du coup.
De même, reconnaître les erreurs occidentales dans l’architecture de sécurité européenne ne supprime pas la responsabilité russe dans la décision d’envahir.
Reconnaître l’agence ukrainienne ne signifie pas que l’Ukraine aurait « provoqué » sa propre invasion.
Reconnaître que les industriels profitent du réarmement ne prouve pas qu’ils ont déclenché la guerre.
Il faut distinguer trois choses que le débat public confond constamment :
Ce ne sont pas nécessairement les mêmes acteurs.
Le test le plus simple : existe-t-il une porte de sortie ?
Il reste peut-être un moyen étonnamment simple de distinguer une politique réellement défensive d’une dynamique devenue autonome.
Demander à chaque acteur :
Pas « voulez-vous la paix ? »
Tout le monde veut officiellement la paix.
Mais :
Quelles conditions mesurables vous feraient désarmer ?
Si la Russie obtenait telle garantie, réduirait-elle réellement ses forces ?
Si la Russie se retirait, l’OTAN réduirait-elle certains dispositifs ?
Si un traité vérifiable était signé, les budgets militaires européens redescendraient-ils ?
Si l’adversaire faisait exactement ce que nous lui demandons, notre propre plan changerait-il ?
Voilà un test extraordinaire.
Car une politique réellement conditionnelle possède une porte de sortie.
Si X disparaît, ma réponse à X disparaît.
Un système devenu autonome fonctionne autrement :
si l’adversaire s’arme, il faut s’armer.
S’il désarme, il faut rester armé au cas où il mentirait.
S’il menace, il faut s’armer.
S’il propose la paix, il faut rester prudent et s’armer.
Toutes les observations conduisent alors à la même conclusion.
Davantage d’armes.
À ce moment-là, le problème n’est peut-être plus un complot.
C’est une boucle.
La pièce secrète est peut-être vide
Nous aimons les complots parce qu’ils rendent le monde intelligible.
Ils donnent un visage au chaos.
Quelqu’un sait.
Quelqu’un contrôle.
Quelqu’un a écrit le scénario.
C’est presque rassurant.
L’histoire russo-ukrainienne depuis les années 2010 suggère quelque chose de moins confortable.
Il y a bien eu des stratégies russes.
Des stratégies américaines.
Des calculs ukrainiens.
Des intérêts industriels.
Des propagandes.
Des mensonges.
Des opérations secrètes que nous connaissons — et probablement d’autres que nous ignorons.
Mais lorsqu’on assemble l’ensemble, on n’a pas nécessairement besoin d’imaginer un Grand Complot.
On voit plutôt une multitude de projets partiels qui se couplent.
La Russie veut conserver sa sécurité et son statut de grande puissance.
L’Ukraine veut échapper à la domination russe et garantir son existence.
Les États-Unis veulent préserver leur architecture stratégique et contenir leurs adversaires.
Les Européens veulent leur sécurité.
Les industriels veulent des contrats.
Les gouvernements veulent des emplois.
Les militaires veulent disposer des moyens nécessaires au pire scénario.
Chacun possède une raison.
Et ces raisons, mises bout à bout, peuvent fabriquer une volonté collective que personne n’a jamais formulée.
C’est peut-être cela qui donne parfois au monde contemporain cette étrange apparence de complot.
Nous cherchons la réunion secrète où aurait été décidé le réarmement général.
Peut-être que cette réunion n’a jamais eu lieu.
Chaque participant était dans son propre bureau.
Et pourtant, sans se concerter, ils ont tous fini par construire la même chose.
Une planète qui, au nom de sa sécurité, dépense désormais près de 3 000 milliards de dollars par an pour préparer la possibilité de la guerre. (SIPRI)
La question la plus importante n’est alors plus :
Elle devient beaucoup plus difficile :
Et peut-être est-ce précisément là que devrait commencer la politique de paix du XXIᵉ siècle.
r/OSINTUkraine • u/overworkedreporter • 8h ago
Russian FPV drone hits gas station in Kharkiv, injuring 5 people
r/OSINTUkraine • u/overworkedreporter • 9h ago
Russian FPV drone attacks civilian car in Kharkiv oblast, kills 2, injures 1
r/OSINTUkraine • u/MaXiM556 • 21h ago
Unrest Grows Across Russia As Ukraine Strikes Key Targets
r/OSINTUkraine • u/MaXiM556 • 23h ago
Unrest Grows Across Russia As Ukraine Strikes Key Targets
r/OSINTUkraine • u/overworkedreporter • 1d ago
Ukrainian drones hit Russian MiG-29 aircraft in Kursk oblast, Russia
r/OSINTUkraine • u/overworkedreporter • 1d ago
Lithuania provides Kharkiv region with equipment for its energy system
r/OSINTUkraine • u/overworkedreporter • 1d ago
Russia attacks Kharkiv with fiber-optic FPVs that have 25 miles flight range, mayor says
r/OSINTUkraine • u/overworkedreporter • 1d ago
Local officials don’t plan to declare evacuation from Izium, Kharkiv oblast, despite increased Russian strikes
r/OSINTUkraine • u/overworkedreporter • 1d ago
Russian attacks kill 1, injure 8 people in Kupiansk district of Kharkiv oblast
r/OSINTUkraine • u/overworkedreporter • 1d ago
Attack drones hit dam in Belgorod oblast, Russia, cause floods
r/OSINTUkraine • u/PawkKyine • 2d ago
Myanmar Tatmadaw soldiers spotted at the front line Russia-Ukraine.
galleryIt was years ago but since the Myanmar Military Government and Russia has the strong ties, a lot of trained soldiers from Myanmar are in the front line of the Ukraine.
r/OSINTUkraine • u/overworkedreporter • 2d ago
Russia launched more ballistic missiles at Ukraine in July than it produces in month
r/OSINTUkraine • u/overworkedreporter • 2d ago
Russian missile attack on civilian ship in Black Sea kills 10
r/OSINTUkraine • u/Ok_Crazy1195 • 2d ago
Hundreds of Ukrainian POWs executed by Russian army since 2022, Kyiv says
r/OSINTUkraine • u/overworkedreporter • 2d ago
Russian missile attack on Kharkiv outskirts kills 4, injures 20 people
r/OSINTUkraine • u/overworkedreporter • 2d ago
Russia attacks gas emergency crew near frontline in Kharkiv oblast
r/OSINTUkraine • u/Ok_Crazy1195 • 2d ago
Statelite view of the smoke cloud over russia yesterday
Enable HLS to view with audio, or disable this notification
r/OSINTUkraine • u/AirNo170 • 2d ago